Naît-on mère ?
Devenir mère ne tombe pas du ciel. Cela se tisse. Cela s'apprend dans le corps , dans la fatigue , dans les tâtonnements , dans les gestes répétés, parfois dans les doutes aussi.
Il n'existe pas une seule façon d'entrer dans la maternité. Certaines femmes sentent très vite un élan, d'autres ont besoin de temps, de soutien, d'un environnement plus contenant pour trouver leur place. On devient mère en faisant avec ce qu'on a, avec ce qu'on sait déjà, avec ce que l'on découvre au fur et à mesure.
Les neurosciences montrent que le bébé joue lui aussi un rôle actif dans cette rencontre. Ses appels , son odeur , son regard , ses besoins mobilisent la mère et soutiennent peu à peu l'ajustement. L' ocytocine , notamment autour de la naissance et de l'allaitement, participe à cette disponibilité et à ce mouvement de soin.
Mais l'élan biologique ne suffit pas toujours. Ce qui fait une vraie différence, très souvent, c'est l' environnement . Une mère entourée, soutenue, encouragée, pourra plus facilement apprivoiser ce rôle nouveau. À l'inverse, quand la solitude , la fatigue ou l'angoisse prennent toute la place, l'apprentissage se complique.
C'est là qu'il faut rappeler quelque chose de simple : devenir mère n'est pas un état figé, ni un don parfait donné d'un coup. C'est un chemin . Et sur ce chemin, être accompagné n'enlève rien à la maternité. Cela lui donne au contraire un peu plus d' appui , un peu plus de souffle , un peu plus de possibilité de se construire sans se perdre.
On ne naît pas toujours mère. Parfois, on le devient doucement, dans ce que l'on arrive à faire, dans ce que l'on reçoit, et parfois on se perd — avant de pouvoir se retrouver un peu.
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