Ce que la honte empêche de dire sur le post-partum
On imagine souvent le post-partum comme un temps de douceur, de liens, de bonheur partagé.
Dans la maison, tout semble calme. Le bébé dort, la mère est là, l'entourage arrive, souriant, rassurant. Mais à l'intérieur, quelque chose ne passe pas. La mère ressent une fatigue immense, de l'angoisse, parfois de la colère, ou un vide inattendu. Et elle ne dit rien. Elle cache, elle sourit, elle fait bonne figure. Parce que ce qu'elle éprouve, elle a l'impression de ne pas devoir le vivre, de ne pas devoir le dire.
La honte, dans le post-partum, est souvent silencieuse. Elle empêche de dire que l'accouchement a été violent, que le bébé pleure trop, que la mère ne se sente pas à hauteur, qu'elle n'éprouve pas l'élan attendu. Elle empêche de parler de la dépression, du baby blues, de la peur de ne pas réussir, de l'impression de tricher. Beaucoup de femmes vivent cela, mais très peu le dire. Parce que ce qu'elles ressentent ne correspondent pas à l'image qu'on a donnée de la maternité, et qu'elles se sentent coupables, en faute, en décalage.
Cliniquement, cette honte peut renforcer l'isolement. Quand une mère ne dit pas, elle reste seule dans ce qu'elle traverse. Et cela peut amplifier la fatigue, l'angoisse, la culpabilité. Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement la souffrance, mais la difficulté à la nommer, à la reconnaître comme légitime. La honte ne dit pas qu'il n'y a pas d'amour.
Elle dit souvent qu'il ya trop de choses à supporter, sans aucun repère.
Dans l'accompagnement, il est essentiel de permettre à ces mères de déposer ce qu'elles vivent, sans jugement. Quand une femme comprend qu'elle n'est pas seule, qu'elle ne triche pas, qu'elle n'est pas en faute, quelque chose peut se desserrer. Le post-partum n'est pas seulement un temps de lien, mais aussi un temps de transformation, de fragilité, de reconstruction. Et c'est souvent dans la parole, libérée de la honte, que le lien peut se rétablir.
Et si ce que la honte empêche de dire n'était pas une faille, mais une partie nécessaire de ce qui se traverse, pour pouvoir ensuite entrer plus librement dans la relation avec son enfant ?
FAQ
La dépression post-partum, c'est quoi exactement ?
La dépression post-partum est un trouble de l'humeur qui peut apparaître dans l'année suivant la naissance. Elle ne se limite pas à un passage à vide : les symptômes s'installent durablement, pendant au moins deux semaines, avec une tristesse présente presque tous les jours, une perte d'intérêt, de l'anxiété, une grande fatigue, des troubles du sommeil ou de l'appétit, et parfois un sentiment d'être incapable de s'occuper de son bébé.
Comment savoir si ce n'est plus un baby blues ?
On ne parle plus seulement d'un coup de fatigue ou d'un baby blues quand la mère se sent triste presque tout le temps, pleure souvent, dort mal même quand le bébé dort, mange différemment, se sent vidée, n'arrive plus à faire les gestes simples du quotidien, ou à l'impression de ne pas réussir à créer le lien avec son enfant. Le mal être ne se contente plus de passer par vagues et s'accompagne d'une perte d'élan, de plaisir ou d'intérêt pour les choses du quotidien, on pense davantage à une dépression post-partum.
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