Quand les pères jouent dans la même équipe
On parle beaucoup de la place des pères, de leur “implication”, de l’importance de les inclure dès la grossesse… mais concrètement, est‑ce que cela change quelque chose pour le bébé et pour la famille, ou est‑ce seulement un discours de plus sur la parentalité idéale ? Une étude menée au Vietnam par une équipe canadienne apporte des éléments très précieux pour répondre à cette question.
Les chercheurs sont partis d’un constat simple : dans de nombreux pays, les pères sont encore peu présents dans les premiers mois de vie, souvent perçus comme réellement utiles “plus tard”, quand l’enfant est plus grand. Ils ont donc proposé à des pères vietnamiens un programme très structuré, dès la grossesse et jusqu’aux premiers mois du bébé, avec une idée forte : inviter le père et la mère à se comporter comme une vraie équipe, en utilisant la métaphore d’un duo de badminton.
Concrètement, les pères ont participé à des séances de groupe pendant la grossesse, puis à des visites à domicile après la naissance. On leur a expliqué ce dont un nouveau‑né est capable, comment le toucher, lui parler, jouer avec lui, repérer ses signaux de fatigue, soutenir l’allaitement, mais aussi comment se coordonner avec la mère plutôt que la critiquer ou se retirer. Des clubs de pères ont été créés pour qu’ils puissent échanger entre eux, et des messages publics ont circulé dans les villes pour valoriser ce nouveau rôle.
Les résultats sont frappants. Les pères qui avaient bénéficié de l’intervention se montraient plus affectueux, jouaient davantage avec leur bébé, s’impliquaient plus tôt dans les soins. Leur sentiment d’attachement était plus fort, en particulier… lorsqu’ils avaient une petite fille, ce qui allait à contre‑courant des préférences culturelles habituelles pour les garçons. À neuf mois, les enfants de ces pères présentaient de meilleurs scores de développement, notamment sur le plan du langage. Les analyses montrent que ce n’est pas seulement la “bonne volonté” qui compte, mais la qualité du lien père‑bébé et le degré d’attachement émotionnel du père, qui influencent directement ces résultats.
Ce qu’on peut retenir, au fond, est très simple : quand un père s’implique très tôt, le bébé y gagne concrètement. Les recherches montrent qu’un père qui parle, joue, porte, console son enfant dès les premières semaines favorise son développement, en particulier sur le langage, la sécurité intérieure et la capacité à entrer en relation. Ce n’est pas une question de “bonne volonté abstraite”, mais de présence réelle et régulière. Plus le père est reconnu dans ce rôle, mieux l’enfant se développe, et plus la mère est soulagée de porter seule la charge du lien et du quotidien.
FAQ
Est-ce que le papa ou le co-parent peut aussi être touché ?
Le coparent peut se sentir inquiet, mis de côté, perdu dans sa place, ou simplement épuisé par le rythme des premières semaines. Il peut vouloir bien faire sans savoir comment aider, tout en traversant lui aussi ses propres doutes, ses maladresses et parfois un vrai mal-être.
À qui en parler en premier ?
On peut en parler à une sage-femme, un médecin, la PMI, un psychologue, à un professionnel de périnatalité ou un spécialiste du détachement maternel . Les sites de santé publique recommandent également de solliciter l'entourage de confiance dès qu'on en ressent le besoin. L'entourage peut apporter du concret : repas, ménage, relais avec les aînés, écoute sans jugement et présence douce.
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