Sortir du déni de grossesse

Quand le déni se lève à l’occasion d’une douleur, d’un passage aux urgences ou du début du travail, c’est la sidération. Pour la femme, son partenaire, l’entourage, les soignants. Ce qui était impensable devient soudain indiscutable.


Si l’accouchement survient dans la solitude, sans accompagnement, le risque est grand que le bébé ne reçoive pas les soins nécessaires, parfois avec une issue tragique. Non parce que la mère “veut tuer” son enfant, mais parce qu’elle tente, dans un état de panique extrême, d’annuler une réalité qui surgit hors de tout cadre pensable.


Lorsque la découverte de la grossesse ou la naissance ont lieu en milieu hospitalier, avec des professionnels informés, un travail de rattrapage devient possible : accueillir la sidération, passer de “ce n’est pas possible” à “c’est arrivé, et je ne suis pas seule”, ouvrir un espace pour que les processus de maternité et de parentalité puissent enfin se mettre en route, même tardivement, même différemment.


Du point de vue du lien d’attachement, le déni signifie que, pendant des mois, le bébé n’a pas eu de place dans la pensée de sa mère : pas de bébé imaginaire, pas de projections, pas d’attente. Après la naissance, tout l’enjeu est de créer cet espace après coup. Les gestes du post‑partum, les soins, le peau‑à‑peau, les paroles adressées à l’enfant, la continuité des soins deviennent alors des points d’ancrage.


Chaque interaction vient inscrire un peu plus le bébé dans la réalité psychique de cette mère et soutenir les premiers mouvements d’attachement.


J’aide à retisser un fil entre elle et ce bébé qu’elle découvre parfois au moment même où il naît : en mettant des mots, en soutenant les premiers soins, en valorisant chaque geste de rencontre, aussi fragile soit‑il. Mon travail consiste à créer autour d’eux un cadre sécurisant et continu, qui laisse le temps à la réalité de s’inscrire et au lien de commencer à se construire, autrement, mais jamais trop tard.




FAQ


Comment peut-on ne pas savoir qu'on est enceinte ?

Le déni de grossesse peut arriver lorsque les signes physiques sont peu visibles, mal interprétés ou simplement mis de côté par le corps et par l'esprit. Ce n'est pas un manque d'attention ni une faute : c'est une situation souvent très déroutante, qui peut surprendre la femme elle-même.


Est-ce normal de se sentir choquée ou coupable après un déni de grossesse ?

Oui, c'est fréquent. Après coup, beaucoup de femmes ressentent de la stupeur, de la honte, de la peur ou de la culpabilité, mais ces émotions ne disent pas qu'elles ont « mal fait » : elles disent surtout qu'elles ont traversé quelque chose de très bouleversant.


Peut-on créer un lien avec son bébé après un déni de grossesse ?

Oui, bien sûr. Le lien peut se construire pas à pas, dans la rencontre, les soins, la présence et l'accompagnement. Comme pour d'autres débuts de maternité, ce qui aide le plus, c'est un cadre doux, sans jugement, où la mère peut souffler et trouver ses repères.


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